
Hier, nous avons pu assister en tant que comité de quartier à l'inauguration de la nouvelle place Saint Pierre de Feric, ou, comme on disait San Peyre di Farigoula.
Le ministre-maire de Nice a fait un long discours louant le patrimoine historique niçois et rappelant que Nice c'est aussi l'Europe chrétienne du Vème siècle. Il a ensuite loué l'Eglise, se justifiant quant à la statue de Jean-Paul II et félicitant Benoit XVI pour son pontificat. Il a expliqué qu'il œuvrait pour l'Eglise car pour lui c'était le souvenir du IV°-V° siècle avec ses martyrs. Il a dit qu'à l'heure actuelle des chrétiens étaient massacrés, notamment en Irak.
Il a rajouté que Nice était attachée à son patrimoine, et que lui-même avait œuvré pour la préservation et la rénovation du patrimoine historique. Il a aussi dit qu'il voulait voir renaitre l'esprit chrétien du Vème siècle.
Derrière ces belles paroles se cachent d'autres vérités. Le ministre-maire de Nice et son équipe n'avaient pas jugés utiles de mettre de valeur le patrimoine baroque de Nice lors de la présentation de Nice à la candidature de ville européenne de la culture 2012. Nombre de trésors historiques sont laissés à l'abandon et les niçois les ignorent car il n'y a rien qui est fait pour les mettre en valeur. Il suffit d'avoir la curiosité de visiter les chapelles et de parcourir l'arrière pays niçois pour voir que les édifices sentent la moisissure et que la tableaux sont posés à même le sol où empilés quelque part où entreposés dans les cryptes. Or, si on visite ces trésors historiques, on se rend compte que Nice est un condensé de l'Europe baroque : des peintures dignes d'un Rubens, des sculptures qui rappellent celles que l'on trouve en Italie baroque, des univers tout aussi empreint de l'austérité allemande...
Concernant la louange de l'Eglise par monsieur le ministre-maire, il me semble que Mari-Luz Nicaise, conseillère municipale, à déjà dit qu'il fallait se rappeler de 1905. La séparation de l'Eglise et de l'Etat, l'encyclique De Rerum Novarum semblent être des notions étrangères à monsieur le ministre-maire de Nice. Il a le droit de considérer personnellement que Jean Paul II était un homme bien et un pape modéré qui a changé des choses au sein de l'Eglise. Mais il n'a pas le droit d'engager le contribuable dans des dépenses qui devraient être du ressort de l'Eglise. Ce qu'il fait devrait se faire en concertation avec l'Eglise avec une participation obligatoire de l'Eglise.
D'autre part, je ne peux m'empêcher d'évoquer les 150 ans de la ville de Nice et son organisation lamentable. Alors qu'on aurait vraiment pu en faire un événement populaire avec participation de tous les citoyens de la ville de Nice en passant par les établissements scolaires, monsieur le ministre-maire a préféré se limiter à 150 événements très fermés et très cadrés où les historiens n 'avaient que peur le droit à la parole. Pour un événement historique majeur qui concerne notre ville, je trouve cela absolument scandaleux. La pièce de théâtre qui a été jouée était médiocre et ne retraçait absolument pas l'histoire de la ville de Nice.
Il est ainsi dommage de voir que la belle exposition que l'on pouvait voir lors de l'inauguration de la place St Pierre de Féric et le beau spectacle folklorique était entaché par un piétre discours...
Je ne peux m'empêcher de souligner que monsieur le ministre-maire de Nice s'est étonné de découvrir que Nice était une ville chrétienne du Vème siècle, il n'a jamais du visiter le site archéologique de Cimiez...